lundi 30 novembre 2015

Dimanche d'échappée belle #2 : Une marche dans la neige

Ces derniers temps avec les prometteuses premières chutes, nous avions dans l'optique de nous retrouver dimanche pour une balade dans la neige quelque part en Chartreuse. La météo, cependant, n'avait pas l'air tout à fait en accord avec nos plans de retrouvailles devant quelque somptueux panorama, s'évertuant à se déprécier au fil des jours les prévisions, pour finalement nous troller à coups de flocons frais.


Couleurs primaires & blanc manteau


Ainsi nos prétentions furent-elles revues à la baisse, mais n'entravant pas pour autant notre acharnement à vouloir sortir se dégourdir les cannes à la fraîche. Surtout que nous autres Loups grenoblois retrouvions pour l'occasion deux amis venus se greffer au groupe de marche « expérimentale ».

C'est ainsi que nous partîmes pour marcher au fort du St Eynard. Sous une bruine plutôt fraîche et proche du point de congélation, certes, mais de bonne humeur malgré tout.

L'itinéraire, exclusivement forestier, débouche, par beau temps sur un panorama assez grandiose sur la vallée du Grésivaudan. Hors, puisque Dame Météo n'a daigné être de la partie, nous nous retrouvâmes à 13&0m nimbés d'une mer de nuage doublée de bruine. Comme récompense après une grimpette, il y a plus gratifiant. 
Nous nous réfugiâmes donc dans un tunnel-grotte du fort pour casse-croûter, au sein d'un abîme orné de stalactites impressionnantes. Moment idéal pour déguster les spécialités… régionales et locales, dirons-nous, amenées par chacun !

Essai de pain aux graines de lin


Après quelques imprécations lancées à l'égard de la vallée à peine visible au travers les nuages s'effondrant paresseusement toujours plus bas, nous voilà repartis sur le chemin du retour.


Dans la joie, la bonne humeur & les chants du Naheulband...


Redescendus près de nos voitures, nos costumes colorés susciteront un très vif intérêt ou étonnement des passants bien confortablement installés dans leurs véhicules chauffés. C'est compréhensible : à l'heure du sous-vêtement technique pointu et de la chaufferette, qui a encore envie de s'encombrer de lourde laine dans la neige et de besaces inconfortables tout un après-midi durant ?

.... Nous ? Ah, oui.


Toujours intéressés par l'aspect pragmatique des choses, nous nous posions (et posons encore) les questions suivantes :
- Quelles chaussures & dispositifs autour du pied furent réellement usités dans la neige ? Aucune fouille ne montre trace de raquettes (locomotion sur neige épaisse), et le cuir même le plus épais doublé de chaussettes tricotées n'assure pas une étanchéité à toute épreuve dans la neige.
- Comment pouvaient faire les femmes pour se tremper le moins possible le bas des robes ? En laine, celles-ci accrochent les flocons sans s'imprégner d'humidité dans une assez large mesure, tant que la neige est sèche. L'humidité, la neige mouillée… détrempe la laine qui devient ainsi pénible à sécher au feu de bois.



Il se peut que la réponse tienne à : une endurance ou résistance que nous, Homo sapiens + 1210 ans, n'avons plus ; une psychologie (résignation?) qu'à l'heure des équipements techniques perfectionnés, nous ne tenons plus. Une souffrance certaine et des déplacements minimisés autant que possible, la balade d'agrément étant quelque chose de relativement moderne.

Nous ne savons pas. Mais... nous le vivons. Adieu chaufferettes, exit gants en gore-tex. Seuls les survivants n'ayant pas triché à coup de sous-vêtements près du corps auront la réponse... Peut-être, une fois prochaine, un autre jour, les deux pieds dans la neige et l'esprit mille ans en arrière.


Merci beaucoup à L'Occitan (Compagnie de l'Aigle d'Argent) & Sébastien pour votre chaleureuse présence !


Photos de Lorelyne et Ysambre.
Merci de ne pas les reproduire/publier sans autorisation.